Risque zéro de Pete Hautman

Couverture Risque zéro
Résumé :
Imaginez un monde où tout Risque est banni, un monde où le danger n'existe plus, où tout ce qui peut nuire est un délit.
Fini le sport, trop dangereux! Interdites, les passions, trop violentes ! Ce monde du risque zéro, c'est celui des États-Sécurisés d'Amérique, en 2074. C'est aussi celui de Bo Martensen, 16 ans. Pour lui, ce monde est un cauchemar. Et il a décidé de résister. Pour être libre. Pour prendre le risque de vivre, tout simplement...
Genre : Science Fiction
Éditeur : Milan collection Macadam
Sortie le : 15 avril 2015
Prix : 13.50 € ( Pour commander)
Pages : 320
Ma note :
4%2F5

Mon avis :
 

 Risque zéro est une lecture rafraîchissante et qui donne à réfléchir. Ma copine Férilou a bien aimé aussi, n'hésitez pas à aller voir son avis :)

Mention spéciale pour cette couverture rouge qui est du plus bel effet ! Waouh, ça en jette !

Une lecture qui donne à réfléchir sur la notion de liberté, et de ce que nous sommes prêts à faire, ou plutôt ne pas faire, pour conserver la santé, limiter les risques.
Nous rencontrons Bo, jeune homme de 16/17 ans, qui a toujours vécu dans ce nouveau monde, bien qu'il connaisse comment était le notre grâce à son grand-père.
Ce personnage est d'ailleurs l'un des plus intéressants ! Ses coups de sang, ses regrets sur le monde, ses vérités qu'il est bien le seul à oser dire, même si c'est souvent d'une façon grossière et directe. Mais peut-être bien que sans lui, Bo ne serait pas ce qu'il est aujourd'hui, et encore moins sans un autre personnage, l'IA (intelligence artificielle) que Bo a créée à l'école, et qui va finalement devenir un véritable atout pour Bo.

Le monde de Bo est un monde où on vit incroyablement vieux, sans se blesser, et en bonne santé. Dit comme ça, ça a l'air parfait, ça donne envie, mais voilà, pour conserver cet aspect aseptisé, il faut se priver de presque et surtout sanctionner. Et là, le gouvernement n'y va pas de main morte, mais c'est tellement quelque chose d'ancrer dans la conscience de la population, que plus personne ne trouve ça aberrant, sauf le grand-père bien sûr.
Ainsi, vous rentrez de votre marché, et faites tomber un abricot, juste au moment où votre voisine passe par là : elle tombe et se blesse légèrement, à peine à vrai dire, une bosse, mais vous prenez quand même quelques années de prison.
C'est comme ça que ça se passe. Tout est sanctionné, de la petite bagarre à une mauvaise blague, tout y passe. Et pour éviter les débordements, les énervements qui pourraient endommager la santé, les gens prennent des drogues.
Quand aux prisons, ce sont en réalité des usines qui vous font bosser 16 heures par jour. On comprend vite que le gouvernement a trouvé là un moyen d'avoir de la main d’œuvre gratuite et qu'il en abuse.

Bo est un jeune garçon banal, qui a des montées de jalousie, d'agacement, d'énervement comme n'importe quel ado. Son humour lui vaut aussi pas mal de problème. Il n'est pas fait pour vivre dans ce monde où la santé et la prudence priment sur le reste, sur la liberté. Mais il assume ses actes, et ne se rebelle pas. Il accepte les sanctions, car c'est comme ça qu'est le monde aujourd'hui.
Finalement, Bo va connaitre la liberté quand il va se retrouver en prison, enfin, en usine de fabrication de pizza. Là, plus de protection, plus de chaussures de sécurité pour courir, on mange n'importe quoi et on fait n'importe quoi. Surtout du football américain, interdit depuis des années.
Ce roman peut paraitre sombre, et en fait pas du tout. Car tout est raconté avec humour, du coup, la gravité de la situation ne nous apparait pas réellement. Le ton est léger, et on découvre cet univers déjanté, abordé d'une manière fraiche et légère, mais qui, quand on gratte un peu, quand on s'arrête pour y penser, est assez terrible.
Moi qui suis coureuse, j'ai été particulièrement touchée par certaines scènes et j'ai partagé les sentiments de Bo plus d'une fois.

Le style est donc facile à lire, c'est vraiment pas lourd du tout, peut-être même que c'est ce qui m'a manqué, j'aurais peut-être voulu quelque chose de plus tragique dans la manière d'être raconté. Les chapitres sont très courts, si bien qu'on les enchaine rapidement. Bo a une façon de parler qui nous accroche de suite, et on le suit sans problème. Les situations sont parfois si hallucinantes et cocasses qu'on en rit, et puis on réalise ce qui se passe vraiment, et là on comprend toute la gravité de ce qu'est devenu cette société.


En bref, un roman qui se lit vite, qui fait sourire mais qui nous fait aussi prendre conscience de ce qu'est la liberté, et de ce que pourrait être un monde où le risque zéro serait appliqué, au détriment de tout le reste.


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2 commentaires:

  1. Ce roman me fait très envie!!! ton avis confirme mon choix ... Merci de ce partage Michou!

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